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OS: Conflit de voisinage

Conflit de voisinage

Partie pour débutants

Jeu de rôle : Trône de fer
Logiciel : Rolistik

Mode : Texte
Date : Plusieurs dates à organiser entre joueurs. 
Nombre de joueurs : 4 joueurs pré-tirés 

Localisation : Dans le territoire du grand Nord.

Accroche : Vous incarnez les fidèles de la maison Cerwyn. Le village et les terres du chevalier fieffé Cassel ont été passés à la torche; la population massacrée. Un enfant dernier témoin et un écu abandonné sur place apportent des preuves qu’il s’agit d’une vendetta de la maison de votre rival, les Tallhart. Profitant de la fête des moissons, durant lesquelles toutes les maisons du Nord vont rendre hommage à leur suzerain, vous partez pour Winterfell afin d’obtenir justice pour ces crimes. Votre suzerain Lord Brandon Stark réglera le litige.

Prétirés :
(profil, âge, nom)
1. Guerrier, 40 ans, Ser Ondrew Cassel
2. Coquin, 9 ans, Bran l’orphelin
3. Dirigeant, 21 ans, Lord Karlon Cerwyn
4. Manipulateur, 16 ans, Wylis Tallhart

relations PJ/PNJ

———————————————-

 

Jou(t)ez !

 LE JEU DES TRONES

Aide de jeu : la joute (en tournois)  
La joute est le premier événement d’un tournoi. Les chevaliers et quelques privilégiés peuvent se targuer d’y participer. En l’absence d’un chevalier (s’il lui arrivait de se blesser par exemple), c’est son écuyer qui vient à le remplacer (l’écuyer a tout intérêt à ce que cela n’arrive pas !). 

L’objectif est de démonter son adversaire de son destrier. Les lances utilisées durant les tournois sont particulièrement fragiles, afin de se briser contre les boucliers et causer le minimum de dommages (contrairement aux lances de guerre). Les participants portent des armures de plates complètes (ce qui est une ruine, en plus du prix de la monture… la joute est définitivement réservée à l’élite de la chevalerie). Malgré cette protection, les accidents surviennent fréquemment : les chutes de cheval, les coups de lances mal placés (ex: en plein dans la visière du heaume, à la gorge ou à l’aine), se faire écraser sous le poids de sa monture, ou subir des coups de sabots, etc. S’il arrivait telle mésaventure, l’écuyer doit venir assister son maître au plus vite pour lui sauver la vie.

Durant les tournois, beaucoup de paris sont réalisés : quel chevalier vaincra tel autre, qui parviendra en finale (autant parmi le peuple que dans les tribunes des nobles). On y perd et gagne des grandes sommes de Dragons d’or, voire aussi des objets de valeur. Les nobles ont tendance à parier sur les chevaliers issus de leur propre maison.

Une joute oppose généralement 2 chevaliers. Le perdant est éliminé de la compétition, tandis que le vainqueur se rapproche un peu plus de la finale. Les grands tournois sont constitués le plus souvent de 64 participants (ce nombre est peu probable pour les tournois régionaux et locaux), certainement les meilleurs jouteurs du royaume. 

Lors d’une joute, le terrain central est divisé par une clôture en son milieu. Les cavaliers partent chacun de l’une des extrémités du terrain et chargent dans leur couloir, sous les yeux des nobles, installés dans les loges surélevées, et de la foule populaire qui les acclament depuis les barrières qui cernent l’arène. Au préalable, les chevaliers qui entrent en lice sont nommés par un héraut au service de leur maison; voient leur bannière flotter aux vents; s’agenouillent devant ses Majestés (le heaume découvert); leurs écuyers préparent le nécessaire; effectuent un dernier tour de l’arène, à la recherche d’une dame (leur épouse, ou une future promise) pour qu’elle leur donne ses couleurs (un ruban à la couleur de leur maison, qu’elles accrochent au bout de la lance), il arrive que le chevalier lui fasse déjà don d’une rose (l’amour courtois nous voilà : la couleur de la dite rose peut exprimer une émotion/intention derrière ce geste), toutefois cela n’arrive généralement que si le chevalier gagne la finale, ce qui va permettre à la dame d’être couronnée Reine d’Amour et de Beauté du tournoi (on lui attribue alors une couronne de roses).

 

Lors de la charge, le jouteur tient toujours sa lance de la main gauche et le bouclier, à l’emblème de sa famille, de la droite. Le chevalier doit alors prendre le plus d’élan possible, et frapper avec force le bouclier adverse… ce qui finit souvent par une lance brisée et parfois l’attaque est suffisante pour que l’adversaire démonte. Celui qui tombe de cheval perd la joute. Mais certaines joutes (les plus prestigieuses, et les plus complètes, aussi les plus mortelles) viennent à continuer : le vainqueur descend de selle pour affronter le vaincu à la mêlée à l’épée jusqu’à ce que l’un des deux abandonne. Un jouteur fortement blessé se doit d’abandonner.

Une joute normale s’effectue en trois passes. Entre chaque, l’écuyer vient préparer son maître pour la suivante, lui donner une nouvelle lance, bouclier, ajuster de-ci de-là l’armure et la selle. Si à la fin des trois passes, personne n’a démonté, c’est au seigneur des lieux qui advient de choisir le gagnant, le meilleur jouteur des deux (lors de grands tournois, le Roi est seul juge). Dans certains tournois (les moins prestigieux), il n’existe pas de maximum de 3 passes (en effet, plus grand est le tournoi plus il y a de chevaliers, plus long ça dure, d’où l’intérêt d’écourter les échanges, bien que la finale peut être sans limite vu qu’elle ponctue l’événement), et donc les passes s’enchaînent jusqu’à ce qu’un des deux tombe de sa monture ou n’abandonne ou ne se fasse disqualifier pour faute grave (s’il vient à tricher, ou s’il cible volontairement une zone exempte de protection dans le but de tuer son adversaire, ou s’il vise la monture). 

Le vainqueur d’une rencontre s’attribue l’armure et le destrier du compétiteur. Ce qui vaut une somme plutôt conséquente (en plus des sommes obtenues par sa famille via les paris). Il est possible au perdant de regagner ses biens à condition de les racheter plein prix au vainqueur. Celui qui gagne un tournoi obtient les honneurs et les faveurs des plus grands et du petit peuple, et se forge une solide réputation. La dame dont il a porté les couleurs est Reine d’Amour et de Beauté, et obtient elle-aussi une certaine renommée. Parfois, dans pareille condition, chevalier et dame en viennent à se marier. Il arrive aussi que d’autres récompenses s’ajoutent : des terres, une épouse, une forte somme d’argent (en général), etc.

Pour ceux qui préfèrent regarder et acclamer, je leur conseille les joutes du film Chevalier / A Knight’s Tales, avec Heath Ledger. Elles sont assez similaires si je ne me trompe pas. 

Les MECANISMES de jeu:

 Il s’agit d’un mode spécifique au système de combat.

TOUS ENSEMBLE

- il n’y a pas de jet d’initiative, car les cavaliers chargent simultanément. Ils peuvent donc tomber de cheval durant la même passe.

UN ENTRAINEMENT NECESSAIRE

- pour savoir utiliser une lance de tournoi, il faut au minimum le rang 1 en spécialité Lance. Sans quoi vous subissez un malus d’1D6 à l’attaque.

LES CHOIX TACTIQUES

- avant de passer à l’action, le jouteur prépare une manoeuvre au choix:

* se montrer agressif, accroît votre férocité mais fait baisser votre bouclier. Concrètement, bénéfice +1/+2 au résultat du test de Combat. Et malus de -1/-2 à la défense passive.  

* se préparer à recevoir le choc, améliore de +1/+2 le jet de Dressage (équitation) lorsqu’on est touché et permet d’augmenter ses chances de rester en selle, tout en ayant  un malus de -1/-2 au résultat du test de Combat. 

* se placer en position défensive, ajoute comme il se doit un bonus de +1/+2 à la défense passive, mais gagne un malus identique au résultat du test de Combat.

* il est préférable de tourner la tête lors de l’impact, pour éviter que les bouts de lance atterrissent dans le fente du heaume et endommagent les yeux du jouteur. Toutefois on peut être hardi et suivre avec attention son attaque, les yeux fixés sur l’ennemi, qui octroie un +1 au résultat du test de Combat, mais augmente de 1 les dommages de base occasionnés par l’adversaire, si son attaque réussit (attention : ce dégât respecte les règles de combat normal, donc il est multiplié par le degré de succès). Avec pareille manoeuvre, si l’attaquant vous met la Santé à 0 alors, il peut choisir la mort ou la perte d’un oeil, ou la cécité comme défaite pour vous (à moins de brûler un point de Destinée).     

* charger sur le haut de la selle, donne plus de poids à l’assaut mais risque de vous pénaliser s’il vous faut rester en selle. Offre bonus +1/+2 au résultat du test de Combat, mais vous pénalise d’autant pour le jet de Dressage (équitation) afin de vous maintenir en place. 

CHARGEZ!!!

- lors de la charge, on lance les dés de Combat, avec les bonus de la spécialité Lance, et les éventuels autres bonus ajoutés au résultat final (selon la qualité de l’arme, les avantages du héros, la manoeuvre choisie, etc.). Comme cette attaque est considérée telle une charge, elle est pénalisée d’1D6. Les jets s’effectuent simultanément. 

TOUS ROIS SUR LEUR DADA

- la défense à opposer au test précédent vaut 4x le rang de Dressage, plus les bonus de la spécialité Equitation (et autres bonus en cas d’Avantages comme “Jouteur” – qui s’ajoute aussi à l’attaque -).

DEVINE QUI A LA PLUS LONGUE

- on va ensuite comparer les résultats et appliquer les effets liés:

* l’échec critique (si l’attaque est inférieure de 5 ou + à la défense passive) = la lance ne touche même pas le bouclier adverse.

* l’échec (si l’attaque est inférieure de 4 ou – à la défense passive) = la lance touche le bouclier mais la charge n’a pas assez de puissance.

* réussite 1 degré (si l’attaque est supérieure de 0 à 4 à la défense passive) = la lance se brise sur le bouclier, endommage l’ennemi, ce dernier doit en plus réussir un jet de Dressage (équitation) contre difficulté 9 pour rester en jeu.

* réussite 2 degrés (si l’attaque est supérieure de 5 à 9 à la défense passive) = la lance touche et blesse l’ennemi, ce dernier doit en plus réussir un jet de Dressage (équitation) contre difficulté 12 pour rester en jeu.

* réussite 3 degrés (si l’attaque est supérieure de 10 à 14 à la défense passive) = la lance touche et blesse l’ennemi, ce dernier doit en plus réussir un jet de Dressage (équitation) contre difficulté 15 pour rester en jeu.               

* réussite 4 degrés et + serait très étonnante, dans ce cas la difficulté pour le jet de Dressage serait de 18 (ce qui signifie quasi une victoire, vu le niveau général).

LES JOUTES SONT MORTELLES

- en cas de réussite, des dégâts sont causés. La lance de tournoi vaut 3, s’y ajoute le rang de Dressage, et le rang dans la spécialité Force (vu que cette arme est qualifiée de puissante), comme il s’agit de charger on a aussi un bonus de +2. On y ajoute aussi les bonus de 1 à 3+ (selon le degré de succès) si son ennemi a choisit de ne pas tourner sa tête lors de l’impact de la lance (pouvant le mutiler ou le tuer si sa Santé baisse à 0). Ces derniers dégâts ne sont pas absorbés par l’armure vu qu’elles se sont insinuées dans la fente du heaume.

Comme dans un combat normal, l’armure vient absorber les dégâts du choc (ce qui signifie qu’on perd rarement de la santé avec la meilleure armure disponible, toutefois lors de la chute c’est une autre histoire…).

LES CHUTES SONT ENCORE PLUS MORTELLES

- lors d’une chute de cheval, le perdant subit en plus les mêmes dommages que cités précédemment. Sauf qu’ici les dommages ne sont pas absorbés par l’armure (ouille!). L’adversaire encore sur son destrier mais  avec une santé réduite à 0 doit abandonner (ou prendre une blessure légère, qui octroie un malus de 1 au résultat d’un test de Combat, et de Dressage, pour réduire de x rang d’Endurance votre Santé, puis grave, qui octroie un malus de 1D au test de Combat et de Dressage, pour recouvrir toute sa santé), son écuyer le suppléera le nombre de passes restant. 

AIME TON CHEVAL JUSQU’A UN CERTAIN POINT

- si jamais le destrier meurt durant la joute, ou si le résultat de votre jet de Dressage est inférieure de 5 ou + à la difficulté pour se maintenir en selle, vous voilà démonté, mais aussi prisonnier dessous votre cheval (ou vous vous faites piétiner). Les dommages que vous subissez équivalent à l’Athlétisme de votre monture. Pour vous en éloigner, faites un test d’Agilité (avec Contorsions) ou Athlétisme (avec Force) pour le soulever contre une difficulté 9. Un écuyer et tout autre personne l’assistant, doit réaliser un test identique, et si le réussir, offre un bonus de dés non gardés égal à la moitié de sa compétence. Si la santé tombe à 0, l’adversaire peut choisir le sort qui lui est réservé.      

AU DERNIER SOUFFLE

- entre chacune des 3 passes, le jouteur peut souffler, et en réalisant un jet d’Endurance (+ spécialité Vigueur) contre une difficulté 0, récupérer 1 point de Santé par degré de succès.

LA MORT DU JOUTEUR

- une chute de la Santé à 0 donne à l’attaquant la possibilité de choisir le sort du vaincu. Généralement, on le laisse inconscient, bien qu’il peut mourir ou se faire mutiler. Brûler un point de Destinée permet au joueur de choisir son sort, souvent le moins pénible.

C’EST UN MEURTRE !

- si quelqu’un voulait tuer l’adversaire, ou son cheval, il pourrait cibler une zone sensible, non protégée de l’armure. Dans ce cas, les dommages de son attaque sont multipliés par le degré de succès (comme dans un combat ordinaire, mais en plus violent). Même avec la meilleure armure, un haut degré de réussite est synonyme de mort pour la victime.

JE LE JURE SUR SA TETE, JE NE L’AI PAS TUE

- celui qui a triché à la joute doit faire un jet de Tromperie (Tricherie appliqué) opposé à un test de Vigilance (Empathie ou Perception appliqué), et le réussir s’il veut faire passer son acte pour involontaire (ex: tuer l’adversaire). Dans le cas contraire, il est disqualifié; il doit payer son adversaire pour avoir triché (ou payer à sa famille les funérailles en cas de meurtre); il perd aussi sa réputation, son honneur, mais devient réputé pour être un parjure; il reçoit des pénalités dans ses interactions sociales; il se voit gagner des Désavantages tel Ignominie; il pourrait aussi se faire raccourcir si le crime est si ignoble. 

QUI PERD, PAIE !

- si vous n’êtes pas prêt à payer le prix requis afin de récupérer votre armure et votre destrier (offerts au vainqueur), vous enclenchez une Intrigue. Il faudra utiliser la Persuasion avec Négociation afin de réduire le prix des biens.

Prenons exemples avec Loras Tyrell et Jaime Lannister, la crème de la crème, tous deux ont l’avantage Jouteur, ce qui font d’eux des maîtres dans la matière :

 LORAS (16 ans)

Jet de Combat Lance : 5D Combat +2B Lance +2B Tournoi -1D Charge +/- bonus de Manoeuvres

Défense Passive Dressage Equitation : 20 +/- bonus de Manoeuvres

Dégâts de base : 9 +/- bonus de Manoeuvres

Absorption Armure : 10

Jet de Dressage Equitation : 4D Dressage +2B Equitation +2B Tournoi +/- bonus de Manoeuvres

Santé : 12

Jet d’Endurance Vigueur : 4D Endurance 

JAIME (32 ans)

Jet de Combat Lance : 5D Combat +2B Lance +1B Tournoi -1D Charge +1 Talent Combat +/- bonus de Manoeuvres

Défense Passive Dressage Equitation : 18 +/- bonus de Manoeuvres

Dégâts de base : 9 +/- bonus de Manoeuvres

Absorption Armure : 11

Jet de Dressage Equitation : 4D Dressage +1B Equitation +1B Tournoi +/- bonus de Manoeuvres

Santé: 12 

Jet d’Endurance Vigueur : 4D Endurance +1B Vigueur

On peut donc lever pour modèle, un champion des joutes avec :

- Combat rang 5D Epée rang 2B Lance rang 3B (ou inversement) 

- Dressage rang 4D Equitation rang 2B

 Lors de la simulation en trois passes dans la joute qui oppose Jaime à Loras, nous avons obtenu la victoire de Loras qui fait bien de se montrer défensif, car même en jetant 9D on est pas certain de faire des étincelles.

1e passe: Loras défend +1, Jaime préfère s’attendre au choc +1…

Loras obtient un succès à 1 degré (22 contre 18). Jaime échoue de manière critique (16 contre 21). Jaime absorbe évidemment les dégâts grâce à son armure toute dorée. Il teste ensuite Dressage et Equitation, obtient 17 contre 9. Il se maintient en selle. Jaime n’a pas dit son dernier mot.

2e passe: Loras et Jaime sont à l’offensif +2 chacun…

Loras obtient un succès à 2 degrés (22 contre 16). Jaime de même (25 contre 18). Loras et Jaime absorbent les dégâts grâce à leurs armures. Ils testent ensuite Dressage et Equitation. Loras et Jaime obtiennent tous deux 17 contre 12. Ils restent en selle. Jaime recolle à l’égalité.

3e et dernière passe: Loras retourne en défense et Jaime reste en offensif+1 chacun…

Loras obtient un succès à 1 degré (20 contre 17). Jaime de même (22 contre 21). Loras et Jaime absorbent les dégâts grâce à leurs armures. Ils testent ensuite Dressage et Equitation. Loras et Jaime obtiennent restent en selle avec respectivement un 24 pour Loras et un 20 pour Jaime contre difficulté 9. Ils restent en selle tous d’eux, il y a donc jugement. Le Roi déclare Loras vainqueur car il s’est montré meilleur (il a obtenu le plus de degrés de succès tout le long).

Jarid 2

La fratrie et leur cousin Lyonel suivirent Lady Aeline et leur oncle Dervan dans la salle de banquet. Il serait question de mariages.

” Quel plaisir d’être réunis. Il ne manque que votre père, hélas sa campagne lui prend plus de temps que prévu, il ne rentra pas avant quelques jours, je le crains. Asseyez-vous. “Jarid prit place à côté de son frère. On leur servait du vin de la Treille, que Lyonel a négocié avec l’argent gagné au tournoi des archers. ”Le préféré de père”, pensa Jarid.

” Quelles nouvelles, mes enfants ? Contez-moi vos exploits.

- Mère, nous aurons bientôt un invité. Syrus Laken. Bonne lame. J’attends avec impatience de l’affronter à nouveau, clama Jarid. 

- Ceci risque fort de ne pas s’accorder à ma politique de mariage. Ta soeur et toi devraient bientot recevoir des invités.

- Au contraire mère, j’ai dans l’idée que lord Laken vient pour vous demander ma main, suggéra leur soeur.

Mais Lady Aeline semblait réfractaire à cette éventualité. Il est vrai qu’ils avaient été promis, et qu’ensuite les Laken ont brisé leur promesse. Une insulte !
Jarid était certain que Lana saurait destabiliser Syrus Laken, et sinon ils pourraient toujours croiser le fer.
Jarid se saisit d’une coupe de vin et écouta attentivement… 

” Mère, peut être pourriez vous nous communiquer vos plans ? Je sais qu’en tous cas, je suis curieux de les connaitre, questionna Brynden.

- Je désire en fait que la petite Morgane Vanice épouse Ser Stafford. Martyn a souhaité ne pas gouverner, laissant ce plaisir à son oncle. Mais le fils de Martyn Stafford gouvernera les terres de leur famille. Ce mariage pourrait nous arranger une alliance. Leur héritier serait gardé comme pupille ici. Il recevra une éducation martiale sans reproche, Brynden pourrait s’en charger, ou ser Dervan.

- J’espère que le fils sera trempé d’un meilleur acier que le père, leur adressa Jarid avec ironie.

Lady Aeline eut un sourire : ” Lord Jonas m’a averti que son neveu était loin de l’idéal chevaleresque. C’est pourquoi nous prendrions ici l’héritier. “

Lady Lana approuva le projet.

” Reste à savoir si Martyn saura que faire de l’épousée après la noce, s’amusait Jarid. 

- On le conseillera au besoin “, promit le cadet.  

” Quant à Lady Isabeth…, leur mère jeta un regard à Brynden.

- Dois je comprendre que vous souhaiteriez me voir épouser Lady Isabeth ? “

Ser Lyonel vint le sauver. ” Je m’y engage, si ça peut faire plaisir à la maison Valorna…

- Ta gratitude t’honnore cher cousin, fit remarquer Lana.

- Ton père destinait Isabeth à toi, Brynden, ou à son frère, Ser Dervan… ” elle lui jeta un regard en biais.

” Je suivrais vos souhaits, mère. Mais j’apprécierais de savoir si il y a des raisons particulières derrière ce projet, avoua Brynden.

- Voyons, nous avons beaucoup à tirer des Vanice. Leurs terres sont immenses, un grand grenier à grains. “

Leur oncle prit la parole : ” J’ai toujours souhaité ne pas me remarier. J’ai vécu un drame. Je ne veux plus le revivre. Place à la jeunesse.

- C’est l’occasion de tourner la page, Ser Dervan.

- Que mon frère ne m’impose pas de nouveau mariage. Je demande peu de chose quand même ! “

Il eut un moment de silence.

Jarid analysait la situation, et il ne voyait que du négatif en déclarant une alliance avec les Vanice.

Il s’exprima : ” Le château Vanice est en piteux état. Une alliance pèserait sur les ressources militaires de la maison. “

Lady Lana ajouta : ” Saviez-vous que la maison Vanice était restée fidèle aux Targaryens ? Les Vanice les ont suivit dans leur déchéance. Il faut voir l’état de Borséon, mère !

- Je n’en savais rien. Enfin pas à ce point. Que faisons-nous ? Les Vanices s’imaginent une alliance entre nos deux maisons. - J’ai acceptée lady Isabeth et lady Morgane comme dame de compagnie. Elles étaient plus que ravies de fuir Borséon, leur expliqua Lana. “

 La discussion n’irait pas plus loin. Lana proposa à sa mère de trouver un parti enviable pour lady Isabeth, mais pour aucun de ses frères.
 

” Quant à Leanna Mortymer. Je pensais à Ser Lyonel… cher neveu.

- Je mérite mieux que ça. Pourquoi pas une Tyrell ?

- Tu as toujours eu un grand appétit mon neveu.

- Et pourquoi pas la reine Cersei ? Tout en se moquant de Lyonel, Jarid lui jeta un morceau de pain.

- Tu as raison, je me vois bien dans ses draps soyeux “, rêvait éveillé Lyonel.

Ce qui n’était pas au goût de Lady Aeline. Ni de Dervan : “ Ne moquez pas la Reine. Ce n’est pas digne d’un chevalier.

- Pardon, mère. Sa majesté fit forte impression.

- Mariez Brynden à Leanna. Il en crève d’envie, ma tante.

- Nous verrons avec Lord Mortymer, c’est une possibilité si Lady Isabeth Vanice ne l’épouse plus, conclut Lady Aeline. Force est de constater que nous n’aurons pas beaucoup de certitudes ce soir. Lana. Ma chérie, nous avons plusieurs offres à te faire. “

 Ser Lyonel cria à l’injustice. De quoi amuser Jarid et Brynden.

 ” Irine, l’épouse de Cleos, suggérait un cousin Lannister. Un certain Lucion. “

La proposition avait de quoi faire bondir Jarid. Quelque peu irrité : ” Vous marieriez Lana à un lion, mère ? Qu’en dit Lord Lothar ? “

 Oncle Dervan prit une grande gorgée de vin.

 Lady Aeline lui répondit : ” il n’est pas favorable, mais ça reste un des meilleurs parti. ” S’adressant à Lana : ” Quant à votre grand-mère, elle aimerait vous voir au bras d’un des fils des cousins de Mace Tyrell.

 - Vraiment injuste. Je suis tout autant son petit-fils. Serais-je de la mauvaise graine ? s’irrita à son tour Ser Lyonel. ”

Lady Aeline émit une troisième possibilité : ” A moins de favoriser ser Elbois de la Nouë. Le jeune second du gouverneur d’Accalmie s’est dis conquis par votre beauté. Il est entré au service de Ser Cortnay Penrose alors que vous étiez sur le départ de la cour. Ser Elbois provient d’une famille noble du Bief, dont il est l’héritier.

 Jarid tenta d’influencer sa soeur : ” J’ai ouï que ser Elbois est un preux, Lana. Plus valeureux qu’un lionceau ou une rose. “

 - Et que me conseillez-vous mère ?

- Je ne connais pas personnellement ce Lucion, mais son père vit à Castral Roc. Si jamais vous l’épousez, c’est là où vous séjournerez. La distance m’exaspère un peu, mais le mariage vous donnera de quoi subvenir à nos besoins. Les Lannisters ont beaucoup d’or. “

 Jarid l’avertit : ” L’or du lion à des crocs, mère.

-  Bien, je te l’accorde, mais justement l’influence des Lannister est suffisamment grande pour en tirer avantage. Non ?
Les Tyrell, eh bien c’est toujours une position importante dans le Sud, ton père pourra avoir autant de vin de la Treille qui lui plaira ainsi. “  L”idée l’amusa. ” Les Tyrell ont toujours été très importants pour ma famille, ce n’est peut-être pas l’avis de ton père.
Enfin, il nous reste le jeune Elbois. Tu pourrais ainsi vivre à Accalmie, jusqu’à ce que l’on fasse Lord. Ensuite vous retournerez à la cour de Haut jardin.

 - Tant que le futur époux ne porte pas les oreilles de loup, elle aimera, déclara Ser Lyonel.

 - Je suis de l’avis de mère. La reine est Lannister. ” Le choix semblait difficile pour Lana.

 ” En tout cas, une lettre nous est parvenue. Damion Lannister et Shiera Crakehall acceptent notre proposition. Lucion Lannister est un parti intéressant.

- Quelle est la réputation de Ser Lucion, questionna Brynden ? “

 Ser Dervan se fit servir une nouvelle coupe puis expliqua : ” Ser Damion est un bon chevalier, fidèle à l’idéal Lannister. C’est un cousin de Tywin, l’actuel  Gouverneur de l’Ouest. Il a épousé une Crakehall. Ils ont deux enfants, Lucion, 16 ans, et Lanna. Vos prénoms vont porter à confusion là-bas. ” Il agrémenta son discours d’un sourire.

 ” A moins d’y voir un signe “, lui répondit par un sourire Lady Lana.

 Elle assura à leur mère son choix, à condition de recevoir l’accord de Lord Lothar.

 ” Jarid, votre père et moi, pensions vous voir épouser une jeune femme d’une maison noble et riche du Val d’Arryn, tout porte à croire que Genna Amber pourrait convenir. Votre oncle Duncan emploie ses relations pour trouver le meilleur parti qui soit. Mais j’aimerais connaître vos propositions.

 - Mère, je suis certain que vous saurez choisir avec sagesse. Je ferai mon devoir.

 Brynden fut amusé du ton qu’il prenait. ” Ton devoir ? Le mariage est sensé être un plaisir.

- Vraiment ? Valorna avant tout. Nous choisirons l’épousée pour le bien de la Maison. L’aînesse est une responsabilité autant qu’un droit, mon cher frère, jura Jarid

 - Il m’est aussi venu à l’esprit que Talla Tarly de Corcoline était prête pour le mariage. De toute façon, il me faut la rencontrer, je veux m’assurer que votre future épouse puisse engendrer vos héritiers.

- Mère, on dit que ser Randyll est le meilleur soldat de son époque. Une alliance de choix pour une maison valeureuse comme la nôtre.

- Je le concède, Lord Randyll est un grand tacticien. Si pas le meilleur, assura leur oncle.

- Leurs terres dans le Bief sont aussi très fertiles. Ce qui serait un contre-coup de la perte des Vanice de Borséon. Mais Lord Randyll est un homme dur et autoritaire, fier de l’honneur de sa famille, et réputé pour ne pas mâcher ses mots. Il te faudra le convaincre de ton courage, mon fils. 

- Ce ne devrait pas être difficile. Jarid ne manque pas de courage, soutint Lana.

- Si c’est ton choix, nous enverrons un corbeau à Corcoline. Un autre sera envoyé à ton oncle Duncan. Cela ne lui plaira guère, mais nous ne lui avions donné aucune certitude.

- Damoiselle Talla serait un excellent choix, mère, conclut Jarid.

 (à suivre)

Leanna 2

Septa Lidie aidait Lady Leanna à enfiler une tenue propice à l’ascension de la montagne. Ainsi parée elle fut la dernière à quitter la chaumière. Jon Flowers s’était levé en premier afin de préparer les montures. Voilà au moins un bâtard serviable pensa-t-elle. Jon était de quelques années son cadet. Il aurait été un ami naturel, s’il était né dans des draps de soie. Ser Brynden Valorna était en charge de son éducation. D’après lui, l’élève était capable et ferait certainement un bon chevalier s’il était noble. A moins d’être reconnu comme tel par son père, il pourrait devenir l’un d’entre eux. Parmi les serviteurs, Bastian se montrait indispensable. Le jeune homme, du même âge que Ser Brynden, était le fils d’Hector, capitaine de la garde, et reconnu pour être un parfait éclaireur. Le Castel d’Aube et ces domaines n’avaient aucun secret pour lui. C’est à Bastian que Jarid Valorna donna l’ordre de mener la colonne sur les sentiers de montagne, particulièrement étroits, et peu praticables depuis la tempête de la veille. Le mauvais temps ne l’avait pas empêchée de dormir. Toutefois, Leanna fit l’un de ses éternels cauchemars la nuit dernière. Dans ce dernier, elle était captive d’une tour et voyait au loin le château de son père réduit en cendres par le souffle d’un dragon. Lady Mortymer avait beau en chercher un sens auprès de Septa Lidie, la prêtresse des Sept lui assura de l’extinction des dragons. A leur retour, elle se chargera de quérir Mestre Styvyn et lui demander du vin de songe pour calmer ses nuits. Lady Leanna angoissait encore davantage à la simple vue du chemin à traverser : traître il était, à cause des écoulements de boue, des éboulements et des déracinements de sapins qui bloquaient leur passage. Ce fut toute une histoire pour contourner ces obstacles, et à chaque faux pas, votre monture pouvait se cabrer et par conséquence entraîner une chute qui vous serait fatale. Pire que tout, la mention de la meute de loups enragés, dont elle ne savait rien, que Jarid et Brynden affrontèrent la veille, finit par la déstabiliser. Ce fut Jon Flowers qui vint à sa rescousse. Le bâtard avait établi un lien unique entre lui et les chevaux. De simples mots murmurés lui suffirent à motiver Lorentia, palefroi de Lady Leanna, à continuer sa chevauchée.

Alors qu’on pénétrait le petit bois qui précédait le lac, un appel à l’aide retentit.
“Qu’est-ce donc, ser Brynden ?
- Aucune idée Dame Leanna.. mais je vais aller voir ça.” Brynden s’était d’abord engagé dans la mauvaise direction, Lady Lana et Jarid lui indiquèrent l’endroit d’où provenait les plaintes. Lady Leanna, Bastian, Jon Flowers, Ser Lyonel et Willem Storm les accompagnèrent. Près d’un flan rocailleux de la montagne, en contre-bas, gisait un homme, le bras tendu vers les cavaliers. En un coup d’oeil, Leanna s’avisa de la situation : un moindre faux pas sur la roche glissante, et on atterrissait quelques mètres plus bas. L’inconnu blessé pouvait s’estimer heureux de ne pas avoir l’échine brisée, pensa-t-elle. Will-le-bâtard se montra utile à plus d’un titre pour une fois. Il descendit jusque l’homme mais tomba dans le vide. Lady Leanna cacha sa joie lorsqu’elle le vit chuter. Par malchance, il vivait toujours. Accroché à une racine de la providence. “On peut l’y laisser, non ?”

Mais déjà Brynden demanda une corde, et Bastian vint à l’aide de Willem. ” Il est amusant que la vie du chanteur Willem Storm ne tienne qu’à une corde. Vous ne trouvez pas ? déclara-t-elle devant ce spectacle alléchant. ” Il semble que Brynden ne soit pas de son avis. Après tout, l’un et l’autre étaient amis depuis leur plus tendre enfance, Lady Leanna ne faisait pas le poids. Du moins pas encore. Bastian en profita pour attacher solidement le mystérieux blessé, aidé par des soldats chargés de les remonter.
Arrivés au lac de l’aube, le Castel était à quelques pied de nage, fièrement émergé en son centre. Un bac arrivait déjà, au bord duquel Wym-Trois-Dents, maître de la traversée. Il s’arrima au ponton, puis en descendit pour respecter l’étiquette de la bienséance, malgré la crasse qu’il incarnait. Dégoûtée de l’apparence du vieil édenté, elle porta son regard sur les flots calmes. Leanna gardait un grand souvenir du port des Mortymer et des cinq vaisseaux de guerre qui arpentaient l’horizon. Dame Eternelle, Les voiles dorées, Lord Domeric, Reynald-le-preux et la Yollane. Lady Leanna ne pouvait digérer cet affront: pourquoi son père avait-il nommé l’un de ses navires du nom de la mère de Willem ? Dans son for intérieur, la fille accusait son père d’avoir rendu sa mère complètement folle, et à raison. La seule bonne idée de Lord Mortymer fut de l’envoyer auprès d’Aeline Valorna, alors fragilisée par le départ de ses deux plus jeunes enfants. Un jour, Leanna se promit de faire partie intégrante de l’honorable maison Valorna, croyant que son père ne pouvait qu’attirer sur eux que le malheur comme autrefois un ancêtre du nom de Tomas Mortymer ayant trahis la cause de Baelor Targaryen, et ainsi réduit les Mortymer à n’être que des vassaux de maisons nobles. Lady Leanna souhaitait plus de tout rayé cette histoire et rehausser l’emblème familial de titre plus noble.
Le bac accosta sur le ponton de pierre au sein des murailles de l’Aube, là, des marches les conduisit à la cour extérieure où se tenaient les principaux gens de maison et les Valorna, dont Lady Aeline. Chacun se salua, se prit chaleureusement dans les bras, et s’informèrent des exploits des jeunes héritiers lors du tournoi royal. “Joyeux anniversaire ma petite, te voilà une femme”, la félicita Lady Valorna. Suite à l’accueil et la présentation des hôtes de marque, elle fut menée jusqu’à sa chambre au sommet d’une des tourelles du donjon. Tout était resté à sa place, y compris sa précieuse parure d’améthystes noires offerte par sa mère l’année précédente. Elle jeta un regard à travers la fenêtre pour admirer le château de son père, intact. Lady Clere, intendante des fêtes, fit irruption pour organiser avec elle le repas d’anniversaire qui aura lieu dans quelques heures. La jeune fille demanda : ” Qu’en pensez-vous ? Je compte porter cette parure pour émerveiller Ser Brynden.
- Il tombera sans nul doute sous votre charme, ces pierreries noires mettent votre plaisant minois en valeur. Soyez rassurée, la fête sera parfaite.
- Merci, j’y compte bien, elle sera une réussite. Maintenant, veuillez m’excuser Lady Clere, je dois m’entretenir avec le mestre.”
Dans les dédales du Castel, elle rencontra Willem Storm : “Vous!”

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